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Quelle différence entre l'addiction et la pratique addictive ?

01/02/2022

Quelle différence entre l'addiction et la pratique addictive ?

Une méprise liée au langage courant.


Dans le langage courant, le terme « addict » est devenu commun. On va aisément définir une personne comme étant « addict » dès lors que l’on constate que cette dernière a une habitude liée à une substance et/ou à une activité un peu trop envahissante. Pourtant, l’addiction est autre chose de bien plus précis clairement défini et diagnostiqué en médecine. « D’un point de vue scientifique et médical, les addictions sont des pathologies cérébrales définies par une dépendance à une substance ou une activité, avec des conséquences délétères » (1). L’addiction se caractérise par l’impossibilité répétée de contrôler un comportement et la poursuite de ce comportement en dépit de la connaissance de ses conséquences négatives. Il s’agit donc bien d’une maladie chronique et non pas d’un simple manque de volonté ou d’une faiblesse comme parfois l’opinion publique peut avoir tendance à le considérer.


L’alcool pour exemple.


Prenons l’exemple de l’alcool, substance légale courante en France. Dans ce pays, 1,5 million de personnes sont alcoolo-dépendantes c’est-à-dire, en situation d’addiction. Elles représentent environ 3 % des adultes souffrant d’une addiction dans le pays. Même si c’est toujours trop et dommageable pour les individus et la société, cela représente moins de 2,5% de l’ensemble de la population ce qui peut paraître un faible taux. Pourtant, c’est sans compter les 23,7 % de la population âgée de 18 à 75 ans qui dépasse la valeur repère de 10 verres d'alcool standard par semaine, maximum, sans dépasser 2 verres standard par jour (2), soit près d’un adulte sur quatre. C’est ici qu’il est possible de considérer le dépassement de ces repères comme pouvant être une pratique addictive plus ou moins importante.


La pratique addictive.


Même s’il est bon de rappeler qu’il n’y a pas de consommation d'alcool sans risque, mais plutôt des consommations à risque plus ou moins élevées, certaines sont bien plus dommageables que d’autres sans que pour autant l’on soit malade de l’addiction (alcoolo-dépendant·e). Une pratique addictive est une conduite d’excès et/ou d’abus plus ou moins problématique. Entendons par problématique une habitude étant un peu trop prégnante et répétitive, où l’on commence à observer une forme d’accoutumance (il en faut toujours plus pour ressentir des effets), où on commence à ressentir un manque si on ne boit pas, où on ne sait plus passer un bon moment sans alcool, où on commence à boire seul·e, etc.

 


Attention ! L’étau peut se resserrer…


La pratique addictive peut être le signe avant-coureur de l’addiction, mais à la différence que nous avons encore la possibilité du contrôle c’est-à-dire, qu’elle ne va pas mener forcément à la maladie de l’addiction, mais qu’elle porte en elle la possibilité de nous y mener s’il n’y a pas une volonté de reprendre le contrôle. Souvent, c’est le cas. La personne alertée par différents aspects (proches, santé, finances, etc.) décide de se reprendre en main (avec ou sans aide). On le comprend bien, tout comme la maladie de l’addiction, la pratique addictive provoque elle aussi des conséquences plus ou moins graves. C’est chacun qui, au regard des conséquences, décidera d’agir pour reprendre le contrôle. Toutefois, si on agit trop tard, le danger est que des aspects physiologiques peuvent s’ajouter concernant l’usage de substances (un manque physique) qui dès lors demandent un suivi médical et parfois la prescription de médicaments et/ou de traitements de substitution. C’est là ou l’étau s’est resserré et que l’on est tombé dans le piège de l’addiction.  


Nous ne sommes pas égaux face à l’addiction.


Bien souvent la majorité des personnes se régulent naturellement seules. Mais en fonction des différentes situations que nous propose la vie (épreuves : séparation, licenciement, décès, etc., nouvel environnement professionnel ou personnel avec banalisation de consommation, maladie, etc.), à tout moment nous pouvons basculer dans une pratique addictive. J’aime à dire que nous portons tous en nous le gène de l’addiction et qu’à tout moment il peut se déclarer. D’autant que nous ne sommes pas égaux. Il est bon de rappeler que la génétique peut représenter une grande part de la cause de l’addiction. La part d'héritage dans la sensibilité d'un individu à l'exposition aux drogues - le "terrain génétique" - varie de 30 à 60 % (3). C’est sans compter la gestion des émotions que chaque individu gère à sa manière. Un autre facteur exogène non négligeable peut avoir tendance à entraîner bon nombre de citoyens dans des pratiques addictives : les sociétés occidentales dites de consommation, de compétitivité, de performance, de  réussite sociale comme aboutissement personnel (paraître plutôt qu’être), du spectacle et du narcissisme. Des sociétés qui favorisent les comportements compulsifs pour augmenter des performances ou atténuer des difficultés (psychiques et/ou physiques), des sociétés que l’on pourrait définir comme étant addictogènes.


Rassurons-nous tout de même !


Rassurons-nous tout de même, nous pouvons tous parfois être un peu excessifs dans nos pratiques, c’est bien humain ! Et comme le disait Salvador Dali : « Ne craignez pas d’atteindre la perfection, vous n’y arriverez jamais. ». Mais Goethe écrivait aussi déjà en son temps avec sagesse bien avant Dali : « Celui qui reconnait consciemment ses limites est plus proche de la perfection. ». Comprenons bien que chacun de nos comportements, qu’il soit excessif ou mesuré, à une fonction précise. Tout l’enjeu est d’en être conscient et de ne pas laisser un comportement trop envahissant nous faire perdre pied comme les navigateurs séduits et attirés par les accents magiques des chants, des lyres et des flûtes des sirènes, fracassant leurs bateaux sur les récifs où ils étaient dévorés par ces enchanteresses. Ne pas se laisser dévorer par des plaisirs qui peuvent nous fracasser au détour de la vie.


Cyrille Coton


1. https://www.drogues.gouv.fr/comprendre/l-essentiel-sur-les-addictions/qu-est-ce-qu-une-addiction
2. Santé publique France (2020)
3. https://rvh-synergie.org/prises-en-charge-des-addictions/penser-ensemble-les-prises-en-charge/therapeutiques/prise-en-charge-hospitaliere/526-addiction-la-part-du-genetique.html

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